Rencontre avec Guillaume Princen, Head of France & Southern Europe de Stripe, spécialiste du paiement valorisé 9 milliards de dollars

Rencontre avec Guillaume Princen, Head of France & Southern Europe de Stripe, spécialiste du paiement valorisé 9 milliards de dollars


Le paiement est un sujet stratégique pour la plupart des commerçants. Proposer une solution de paiement identique sur l’ensemble des canaux de distribution (web, mobile, magasins) est un enjeu majeur aujourd’hui. Stripe est partenaire de RetMo Paris 2018, l’évènement dédié au commerce sur mobile, qui aura lieu cette année au Palais des Congrès de Paris, le 25 avril.

A cette occasion, Guillaume Princen, Head of France & Southern Europe de Stripe, sera sur scène, accompagné par Olivier Vaury, CFO de la marketplace Manomano. Nous lui avons posé quelques questions pour comprendre l’histoire, le business et les perspectives de Stripe.

Bonjour Guillaume. Vous êtes Directeur Général France et Europe du Sud de Stripe, spécialiste du paiement. Stripe a été créé en 2010 par deux frères, Patrick et John Collison, à l’âge de 21 et 19 ans. Aujourd’hui Stripe est valorisée plus 9 milliards de dollars ! Comment expliquez-vous ce succès?

Guillaume : Stripe a créé une infrastructure universelle de paiement dans le cloud à laquelle n’importe quel marchand peut se connecter instantanément. C’est à la fois un gain de temps précieux, et la garantie pour les marchands d’offrir la meilleure expérience de paiement sans les contraintes associées.

Historiquement, les startups ont été les premières à utiliser Stripe, mais aujourd’hui, même les entreprises qui historiquement ont investi dans leur propre infrastructure de paiement (par exemple Facebook, AccorHotels, Booking.com, Asos) travaillent avec Stripe. Il y a 10 ans, confier son infrastructure de paiement à un tiers n’était pas raisonnable. Aujourd’hui, c’est l’inverse. C’est le meilleur moyen de rester compétitif et agile dans un contexte technologique ultra-concurrentiel.

Le paiement est un sujet dont les enjeux sont majeurs pour les e-commerçants comme pour les retailers. C’est aussi un secteur particulièrement concurrentiel. Comment abordez-vous cette problématique et comment réussissez-vous à séduire autant de clients, aussi rapidement ?

Guillaume : Stripe est effectivement utilisé par plusieurs centaines de milliers de marchands dans le monde. Parmi eux, il y a des startups qui se lancent, des licornes comme Deliveroo, Slack ou Instacart, voire des géants comme Facebook ou Salesforce.

De nombreuses entreprises plus traditionnelles font aussi appel à Stripe : des PME comme Taittinger ou Patrick Roger qui ont une clientèle de plus en plus internationale ou des groupes du CAC40 comme AccorHotels ou Vinci, qui sont en pleine transformation. Toutes ces entreprises veulent et ont besoin de s’appuyer sur une infrastructure de paiement complète, flexible et sécurisée qui leur fera gagner du temps et de l’argent à moyen terme. Stripe va en réalité bien au-delà de l’acceptation du paiement : lutte contre la fraude, paiement multidevises, KYC (“know your customer”), réconciliation comptable, abonnements, gestion des flux pour marketplace… Surtout, c’est une solution très simple d’usage pour les équipes techniques, qui leur permettra d’être beaucoup plus rapides et efficaces pour lancer des projets d’innovation ou s’étendre dans de nouveaux marchés.

Lors de RetMo 2018, la conférence dédiée au commerce sur mobile, vous allez intervenir avec ManoMano, l’une des marketplaces les plus prometteuses en Europe. Que souhaitez-vous faire ressortir de cette success story ?

Guillaume : ManoMano est le parfait exemple de la nouvelle génération de marketplaces européennes : l’équipe est très portée sur la technologie, pense à l’international depuis le premier jour, et ne se fixe aucune limite. Ils ont récemment choisi Stripe Connect (la solution Stripe pour les marketplaces) dans le cadre de leur expansion à l’international car leur infrastructure de départ n’était pas adaptée à leurs ambitions et leur faisait perdre du temps. Il faut savoir que les marketplaces ont des obligations très particulières en matière de paiements : il faut cantonner les fonds, remplir ses obligations de KYC, s’assurer du suivi des fonds entrants et sortants… Et lorsque l’on veut s’étendre à l’international, le casse-tête juridique et technique recommence. Ce problème a longtemps freiné les marketplaces françaises. C’est pourquoi il y a quelques mois, nous avons lancé Stripe Connect en France, un produit qui simplifie considérablement la vie des marketplaces, et s’adapte automatiquement aux contraintes réglementaires de chaque pays tout en optimisant les solutions de paiement proposées. Outre ManoMano, c’est aussi la solution qu’ont choisi Drivy, asos, Glovo et des milliers d’autres places de marché dans le monde pour accélérer.


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Le mobile représente bien souvent plus de 60% du trafic sur les sites e-commerce. Aviez-vous anticipé cela en 2010, lors de la création de Stripe, et comment gérez vous ces nouveaux comportements clients ?

Guillaume : Stripe a été créé en 2010, à une époque où la plupart des entreprises sortaient à peine de la révolution Internet. Dès le premier jour, Stripe a proposé à ses clients une intégration unique pour leur permettre d’offrir une expérience mobile et web optimale. Depuis, Stripe s’attache à anticiper les besoins du marché en intégrant régulièrement dans son offre les nouveaux moyens de paiement mobiles comme Apple Pay, Google Pay, ou Alipay. Une anecdote : quand Apple Pay s’est lancé en France il y a 18 mois, la plupart des applications mobiles qui proposaient ce nouveau moyen de paiement s’appuyait sur Stripe. Parmi elles figuraient Deliveroo, Frichti ou encore Cheerz. Pour ces entreprises, intégrer Apple Pay n’a nécessité qu’une simple ligne de code. Pour les autres, il a fallu se plonger dans la documentation Apple et coder manuellement l’intégration. C’est un exemple parmi d’autres de ce que nous essayons de faire pour simplifier la vie de nos utilisateurs et les aider à tenir le rythme de l’innovation.

En quelques mots, pouvez-vous nous dire quelles sont les prochaines étapes pour Stripe ?

Guillaume : Elles sont nombreuses mais si je devais résumer, je dirais que nous nous concentrons sur 3 chantiers prioritaires.

D’une part, améliorer le service rendu à nos utilisateurs. Cela passe par une cadence accrue en matière d’innovations techniques et de nouvelles fonctionnalités, une plus grande simplicité d’usage, une sécurité et une stabilité toujours plus renforcée, mais aussi un accompagnement du quotidien pour nos utilisateurs.

D’autre part, nous souhaitons proposer Stripe dans davantage de pays. Nous sommes aujourd’hui présents dans 25 marchés. C’est un bon début, mais c’est loin d’être assez. Stripe a vocation à s’étendre à de nouveaux pays, particulièrement ceux où l’infrastructure de paiement ne permet pas au commerce en ligne de se développer.

Enfin, la diversification de nos services, pour simplifier la vie de nos utilisateurs et leur permettre d’accroître leur revenu, quel que soit leur modèle économique (places de marché, Saas, m-commerce). Récemment, nous avons lancé Radar – un outil anti-fraude extrêmement performant – car nos utilisateurs n’étaient pas satisfaits des solutions proposées par le marché. Ce n’est que le début. Au-delà du paiement, il reste de nombreux freins à lever pour aider les marchands à se développer. La vision de Stripe est d’accroître le PIB du numérique. Internet existe depuis 25 ans et pourtant seulement 5% du commerce mondial se fait en ligne. Il reste donc beaucoup de chemin à parcourir.

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